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Lettres à Delphine. Correspondance (1907-1915) (Le Temps retrouvé) Details
En août 1914, lorsqu'il est mobilisé, Louis Pergaud est un auteur reconnu. Il a déjà publié au Mercure de France De Goupil à Margot (prix Goncourt en 1910), La Guerre des boutons (1912) et Le roman de Miraut (1913). Il entretient aussi depuis longtemps une abondante correspondance. Avec la mobilisation, les lettres sont désormais envoyées du front, des tranchées ou des postes de repos quelques kilomètres en arrière. Pergaud écrit beaucoup, tous les jours, à quelques amis et membres de sa famille mais surtout à Delphine, son épouse. Les mots qu'il lui adresse sont empreints d'une grande sensualité : le désir et le manque s'y lisent à chaque ligne. À celle qu'il appelle affectueusement "ma petite gosse chérie", Pergaud raconte la réalité de cette guerre, dit crûment le froid, la faim, la vermine. Sans rien lui cacher des problèmes de la vie quotidienne, qu'il continue ainsi de partager avec elle par le pouvoir de l'écriture épistolaire, il veille cependant toujours à rassurer celle qui s'inquiète à l'arrière... La correspondance de Pergaud est un document historique et littéraire exceptionnel duquel émerge Delphine, figure lumineuse, belle et vaillante.

Reviews
Si n'était la fin tragique de Louis Pergaud en avril 1915 aux Eparges, on pourrait presque résumer l'expérience militaire de l'écrivain comtois en une quête effrénée de nourriture et accessoirement de confort matériel ( ce qui se conçoit aisément , vu les conditions de vie du troufion sur le front à l'époque ).Malgré le côté très répétitif et petit peu voyeuriste, j'ai bien aimé cette lecture de la correspondance de Louis Pergaud. Si la période d'avant-guerre est révélatrice du mode de vie d'un provincial monté à Paris, c'est surtout après l'incorporation dans l'armée française qu'est l'intérêt de ce livre ( bouffe, couchage, hygiène, fréquence des "repos", hiérarchie ).J'ai été étonné du peu de contenu militaire et guerrier de ces lettres: ce n'est vraiment que vers la fin tragique de l'écrivain que l'on prend conscience de l'âpreté des combats. Originaire de la même région que l'auteur (le Doubs), j'ai bien aimé le carriérisme indécis de Pergaud assez représentatif de l'esprit comtois ( on est jamais très loin de la Suisse ).Par contre, hormis dans une seule occasion à la fin du livre, l'absence de la correspondance de sa femme est un peu frustrante. On se rend compte aussi que s'il avait survécu au carnage, Louis Pergaud ne serait peut-être pas devenu un grand écrivain mais certainement un grand jouisseur de la vie.


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