Selasa, 04 Februari 2020

Lettres d'Afrique: (1914-1931)

Category: Livres,Romans et littérature,Autres littératures étrangères

Lettres d'Afrique: (1914-1931) Details

«Ce que je désire de tout mon être c'est la vie, et ce que je redoute et devant quoi je fuis c'est le vide et l'anéantissement, - et que croit-on que soit la mort ? J'ai terriblement envie de vivre, je suis terriblement contrariée à l'idée de mourir.» Ces lettres d'Afrique, envoyées entre 1914 et 1931, révèlent la personnalité d'une aristocrate aux prises avec une vie à laquelle elle n'avait nullement été préparée et qui prend au sérieux, et même au tragique, une entreprise purement commerciale à l'origine. Un gouffre se creuse peu à peu entre cette femme et son entourage, une catastrophe ultime met ses jours en péril ; il devient alors urgent de préserver un sens à son existence, au-delà des mers et du désespoir. Cette correspondance, à la fois journal intime et gazette, constitue également un document de première importance sur la vie d'une communauté blanche en terre «coloniale» à l'aube du XXE siècle.

Reviews

Ce livre n'est pas un roman. Il s'agit de la correspondance de Karen Blixen avec le reste de sa famille. C'est un excellent complément au roman La ferme Africaine, porté à l'écran sous le titre de Out of Africa. On mesure à la lecture de cette correspondance, toute l'ampleur du travail de romancière. En effet, Karen Blixen a su extraire de son quotidien relaté dans ces lettres, toute la substance romanesque de ce qu'elle vivait pour en faire son ouvrage le plus connu. Dans cette correspondance, nous avons par contre accès à sa vie de manière plus prosaïque. Nous mesurons pleinement l'ampleur psychologique qu'avait pris pour elle la question de la survie de l'exploitation du café pour laquelle les membres de sa famille avaient lourdement investi. Nous voyons à quel point cela lui a "pourri la vie", en constituant pour elle des shauries, selon ses propres termes, c'est à dire des ennuis en Swahili. Cette correspondance est aussi l'occasion de découvrir à quel point la vie bourgeoise que les membres féminins de sa famille au Danemark lui était insupportable. C'était à ses yeux un carcan qui l'étouffait littéralement. On sera marqué par les liens forts avec sa mère et son frère. Bien entendu, les fans de la Ferme Africaine retrouveront quelques magnifiques massage sur l'Afrique, sur l'histoire d'amour qu'il a connu en ces lieux qui ont marqué à jamais son histoire. On découvre aussi une Karen Blixen très progressiste pour ce qui concerne la vision qu'elle avait du mariage, du rapport entre les hommes et les femmes et pour ce qu'elle appelait la morale sexuelle. C'était une féministe avant l'heure. On prend aussi conscience de ce que pouvait représenter pour elle le rang social et l'aisance financière auxquels elle était très attachée. Je ne partage pas par contre ses sentiments à l'égard de la littérature de Sigrid Undset...En fin de correspondance, on découvre aussi son caractère parfois un peu manipulateur notamment lorsqu'elle aborde la question de la mort et du suicide au regard de la vie qu'elle souhaiterait mener après son aventure africaine...Un ouvrage donc indispensable pour mieux comprendre l'auteur, situé entre monographie, littérature et histoire.

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